Dimanche écrire.

Je me suis levé à 6:00 en même temps que Céline. Pour elle c’est routine, 6:00 un dimanche. Elle a ouvert il y a presque deux ans un espresso bar qui fait des petit-dej’ AUSSI le dimanche. Donc forcément c’est debout tôt. Donc forcément je me lève en même temps qu’elle et je me prépare un café tout dimanchement. Cette semaine j’avais un objectif au bout de ce tôt-réveil: écrire. Je ne savais pas encore quoi exactement, mais j’avais plein de trucs en tête qu’il fallait que j’écrive. Une petite histoire sur la genèse du nouveau projet HOMD.SPACE sorti de nulle part. La rencontre virtuelle qui a précipité la sortie sur Luik Records du premier single et bientôt l’album de l’espagnol J. VEGA. Mes cinq mois sans alcool. Les six premiers mois d’un nouveau système de journal inspiré de plusieurs autres « système de journal ». Les sept minutes durant lesquelles le café coule. Bref plein de trucs à dire. Et ça y est je suis devant l’ordi, ma main droite tient la tasse l’autre est posée sur le clavier, iA Writer est ouvert avec un nouveau document bien blanc, prêt à recevoir de nouveaux mots.

J’ai cette mauvaise habitude de laisser les doigts de ma main gauche, quand ils sont au repos et que je fixe mon écran, sur les touches CMD et TAB du clavier. Le pouce sur CMD et l’index sur TAB. Sur Mac, c’est la commande qui permet de changer d’application en un clin d’oeil – c’est ALT + TAB sur Windows. Je suis donc à deux doigts de m’enfuir. Littéralement. À deux doigts d’esquiver cette tâche pour laquelle j’ai déjà fait un gros effort: me lever à 6:00 un dimanche matin. Faut vraiment avoir envie d’écrire. Mais j’ai eu un sursaut de flemme. Ou de peur. Peur de ne pas savoir par quoi commencer, peur de ne pas savoir quoi raconter. Alors j’ai ordonné à mon tout petit cerveau d’actionner les tout petits muscles qui animent mes tout petits doigts et ils ont pressé CMD + TAB. Changement d’application. Finder. Je vais dans mon dossier « Writing » (oui, en anglais, parce que – je ne sais pas) et je pars à la recherche de début d’idées d’articles, des bouts de phrases jetées dans des « point-textes.txt », des « non-document.doc », des « idee.md ». Je traine 15 minutes, je relis de vieux trucs. Rien d’intéressant. Je re-CMD + TAB.
Je me retrouve cette fois sur Chrome. Ça a pris une fraction de seconde et je sens que la fin est proche. Je suis prêt à taper les premières lettres d’adieu. Les lettres de ma mise à mort. De la mise à mort de cet excès de motivation (ou de zèle). Les navigateurs modernes permettent d’esquiver les acrobatiques « http://www. » et je passe direct à l’épellation de la première moitié du nom avec ma main gauche f, a, c, e et j’enchaine direct, droite, b, o, o, k.
Voilà, c’est foutu, qu’est ce que je m’imagine, que Facebook à 6:30 du matin c’est cool? Que je vais « apprendre » de nouveaux trucs et que c’est plus important que de bosser sur mon propre taf. Bah non, en fait je me suis bien fait avoir. J’ai juste perdu mon temps à lire et regarder n’importe quoi. J’ai encore manqué une occasion d’écrire. Et mon café est froid.