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Ma Petite Lettre

Unslash — Ma Petite Lettre #20

Hey salut!

Très vite quand on a lancé PLMD, notre studio de design, avec Pierre on a voulu s’essayer à d’autres trucs. Transformer notre chouette bureau, L’Amicale, en espace d’exposition par exemple. On devait donc contacter des artistes, créer des expositions avec eux, préparer une communication pour quand même avoir du monde, prévenir la marque de bière avec un pingouin qui arrose tous les événements culturels bruxellois qu’on allait faire un vernissage immanquable pour finalement recevoir ces 200 bières gratuites. Et puis les boire. C’était du taf.

Quelques mois plus tard, on a voulu s’essayer au métier d’éditeur, on a lancé L’Amicale Books — on n’allait pas chercher trop loin les noms de nos projets tu remarqueras – et on a bossé avec David Widart, photographe, pour sortir son premier livre, on a essayé de faire les choses bien, on a même gagné des prix.

Entre-temps on a essayé d’autre trucs. Avec Constant par exemple, on avait commencé à développer une application de facturation pour indépendants, BILLLIT. Le nom et le logo étaient super. Mais c’est resté à l’état de prototype.

Un peu plus tôt, avec Jean-André, on a bossé sur un truc qui allait s’appeler Steal Please, pour voler gentiment des images d’internet et faire des moodboards, une sorte de Pinterest avant Pinterest. C’est resté à l’état de prototype.

Je me souviens aussi d’une tentative de « eBay en deux clics » (c’était notre pitch) avec Thibaut, ça s’appelait Sell Buy Me. Puis j’ai essayé de monter une agence pour représenter mes potes graphistes, photographes, illustrateurs, j’étais un Agent Content. Avec Tom Galle et Ramin on a aussi fondé Internet Club dans lequel on faisait des pages web inutiles mais tellement cool. Puis j’ai fait DJ à des mariages avec Olivier. Ensuite j’ai commencé It It Anita avec Mike. Avec d’autres graphistes on a monté un collectif pour défendre notre métier. Avec François, une autre maison d’édition. Puis un label. Une agence de booking et management. Un festival de design. Un podcast. Une Fédération des Labels Indépendants Francophones. Un trucs pas encore trop défini, avec Pamela, mais qui stagne ici, Entente Music Group. Un nouvelle émission pour The Word Radio. Il y a sans doute d’autres mais soit j’oublie soit c’est secret (soit c’est la honte).

On me demande parfois comment je fais pour cumuler, ou « slasher * », comme on dit depuis 2015, et faire en sorte que tout roule, comme ça. Mais en fait tout ne roule pas toujours, malgré ce qu’on peut voir. Ce qu’on laisse voir en tous cas. J’en parlais la semaine dernière avec l’invitée du prochain épisode du podcast (je ne te dirai rien sur son identité, tu n’auras qu’à être dans les parages le 6 mars, tu auras juste remarqué que j’ai écrit « invitée » c’est un indice) mais malgré l’impression générale que tout va bien, parfois c’est la misère, la déprime, le fond du gouffre, on ne voit pas d’issue mais ça, on ne le montre pas, parce que c’est pas très beau.

Alors on va jusqu’à la rupture.

Et là, hop, on recule d’un petit pas, on regarde le tableau en entier. Non mais t’es sérieux? Tu te prends pour qui pour avoir autant de slashs (pas les chaussures — voir footnotes — d’ailleurs, slash, chaussure, pieds, foot, note, tu l’avais)? Alors on se recentre sur les choses qui comptent vraiment, on essaye de mettre des priorités, on va lever un peu le pied pour pas rechuter. Et puis trois jours plus tard, on a repris le dessus, on a réussi à faire le quart de sa todolist, on est méga chaud et on recommence. À fond. À fond de balle même. On n’apprend rien, on ne tire aucune leçon et on recommence comme avant. (D’ailleurs on a une idée de marque de pullover avec Pierre, faut que je t’en reparle).

Le monde des entrepreneurs, ou celui des sportifs, reprend souvent en choeur les mots de Samuel Beckett qui disent « Try Again. Fail again. Fail better ». Oui, c’est pas mal, c’est plein d’espoir, tombe, relève-toi, tombe encore et relève-toi encore. Genre plus tu tombes, moins tu tombes. C’est comme les trous dans le fromage. Plus il y a de fromage, plus il y a de trous. Mais plus il y a de trous, moins il y a de fromage. Donc, du fromage, plus il y en a, moins il y en a. En fait non, ça n’a rien à voir avec le fromage. Un peu comme le livre de Beckett, Worstward Ho, d’où est tirée cette phrase, pas celle du fromage, qui n’a rien à voir avec le succès. C’est plutôt le contraire, c’est une sorte de mode d’emploi pour rater de manière catastrophique l’écriture d’un livre.

Je regarde beaucoup Naruto en ce moment et forcément je m’imagine utiliser la technique du multi-clonage pour arriver à tout faire sans trop m’user. Mais j’ai déjà trop parlé et j’ai pas vraiment de conclusion.

Gros bisous, et surtout enlève tes slashs.

*

« Slasher » ça vient du mot « slash » — pas le guitariste avec des cheveux, ni la chaussure de plage (parce que oui, c’est le mot belge pour « tong ») car on utilise ces barres obliques, pour séparer les métiers. Si je devais les mettre tous dans ma signature mail, je serais designer / curateur / éditeur / start-up (?) / impresario / DJ / musicien / militant / re-éditeur / manager / booker / directeur de festival / podcasteur.

Des petites cerises sur des petits gâteaux, c’est le nom de la rubrique à la fin avec des liens, encore.

  • Tous ces mots ont un peu tournés dans ma tête à l’écoute d’un des derniers épisodes de Nouvelle École, celui avec Morgane Sézalory qui parle de son burnout.
  • Si t’as pas encore écouté la dernière émission qu’on a concocté avec Camille pour The Word Radio elle est (super et elle est) .
  • On a sorti le nouveau clip de Jérémy Walch et il sera en concert avec Monolithe Noir et Annabel Lee aux Aralunaires le 6 mai pour la soirée spéciale Luik Records (participe).
  • Je suis passé à la radio nationale pour parler de ma Digital Detox (voilà le passage), jusqu’ici tout va bien, en douceur, mais on en parlera dans une prochaine lettre.

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Luikster Musique Podcast The Word Radio

The Word Radio. Luikster 003: Post-Valentine’s Day with Camille Loiseau

Voilà le show enregistré pour The Word Radio avec Camille le lendemain de la Saint-Valentin, avec de la musique toute jolie. C’est sur un Mixcloud mais j’ai aussi une playlist avec les tracks qu’on a passé, si tu préfères écouter sur Spotify (et abonne-toi, ça fait plaisir).

Le jour et l’heure ont changé, maintenant c’est vers le deuxième jeudi du mois en après-midi, de 13:00 à 15:00. C’est apparement un peu plus porteur que le samedi soir comme créneau horaire — pas sûr que les gens écoutaient vraiment la radio le samedi soir. Tu pourras donc te délecter de nos petites douceurs pendant que tu bosses, c’est trop chou. Et je vais continuer à trouver des super personnes pour m’accompagner sur ces émissions.

Cette fois-ci c’est Camille Loiseau qui s’est jetée à l’eau, un peu en dernière minute, pour nous sortir une sélection qui passe par des choses un peu expérimentales, des rythmes africains ou brésiliens complètement fous ou des beats bien chauds. Je crois qu’on s’est pas mal débrouillé sur ces deux heures. Tu remarqueras même que juste après le premier morceau, on a laissé un blanc de quelques secondes, pour qu’un ange passe. Saint-Valentin, Cupidon, tout ça. Tu sais, Cupidon, le dieu de l’amour, qui se métamorphose en ange, machin.

Tu peux aller voir les photos de Camille, elles sont à la fois belles et là-bas, Laisse-moi te montrer. Et puis voilà son Instagram et son Twitter.

Pour le souvenir, j’avais reçu Camille dans mon podcast Avec des images, si tu veux le réécouter, il est vers là: Episode 04 avec Camille et Elise.

Voilà, profite, aime, écoute, et fais des choses.

Tracklist: The Word Radio. Luikster 003: Post-Valentine’s Day with Camille Loiseau

  1. Calvin Johnson – Ode to St. Valentine
  2. Arthur Russell – Pacific High Studio Mantras
  3. WU LYF – Such A Sad Puppy Dog
  4. The Microphones – The Moon
  5. Phoenician Drive – Fat Bill
  6. Venus Tropicaux – Euphoria
  7. Sneaks – Tough Luck
  8. Jeremy Jay – Gallop
  9. Movietone – Sun Drawing
  10. Sergio Mendes – Let Me
  11. Elektro-Dschungel – Oriental Pop
  12. Suns Of Arqa – Brujo Magic
  13. Mary Afi Usuah – African Woman
  14. Africaine 808 – Ngoni
  15. Georgia Anne Muldrow – Kali Yuga
  16. Zongamin – Bongo Song
  17. Sonny Sharrock – Blind Willie
  18. Sister Irene O’Connor – Fire
  19. Baleine 3000 – The Nap
  20. Daedelus – Order of the Golden Dawn
  21. Fatima – Circle
  22. Liars – The Other Side of Mt. Heart Attack
  23. Siskiyou – Big Sur
  24. Christine Ott – Reri
  25. Bohren & Der Club Of Gore – Still Am Tresen
  26. Hello Kurt – L’ADN des derniers
  27. Ignatz – They Came and Went
  28. Le Ton Mité – Mystery Trail
  29. Aloa Input – Oh Brother
  30. Emilie Zoé – Leaving San Francisco
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Digital Detox Ma Petite Lettre

Digital Detox — Ma Petite Lettre #19

Ça y est je switch.
J’ai eu mon premier smartphone en 2006, c’était un Sony Ericsson W950, c’est mon pote Sébastien qui me l’avait conseillé, il avait le même. C’était super. Enfin, c’était super comme un smartphone en 2006. Puis l’année suivante, en 2007, Steve Jobs change le monde et sort son premier iPhone. Le même Sébastien se trouve à New York quelques mois plus tard, s’achète un iPhone 1, m’achète un iPhone 1 et voilà, boom, ça fait plus de 10 ans que j’ai des iPhones. Comme tout le monde en fait.

Sauf que là, ça y est, je switch.
Ça fait plusieurs mois que j’envisage cette digital detox — j’en parlais déjà dans ma petite lettre #14 à l’occasion de mes vacances. Je crois que Céline et mes kids pourront le dire, ça a été un fiasco. Je m’étais dit que je me mettrais en congé d’internet mais j’étais malgré tout assez souvent sur mon téléphone. Au départ d’une excuse pour « prendre une photo entre guillemets », je me surprenais souvent à cliquer « par erreur entre guillemets » sur l’app Facebook ou Twitter pour voir ce qui se passait « dans le monde entre guillemets ».

J’ai toujours eu besoin de trucs un peu extrêmes pour changer. Quand Léon est né en 2007, je voulais me lever plus tôt pour continuer à bosser fort sans pour autant grater sur mon temps avec ma famille. Depuis lors, sauf exception, je me réveille entre 4:30 et 5:00.
L’année dernière quand j’ai décidé de lever le pied sur l’alcool après une tournée avec It It Anita de presque 4 mois un peu intense et fort arrosée, en duo guitare/batterie — avec Bryan, notre batteur quoi… — on a arrêté totalement. Pas juste boire un peu moins. Ça n’aurait pas marché. Juste ne plus boire du tout. Et c’était super.
Alors quand je découvre moi-même tout seul ma propre addiction à l’internet mobile, j’ai pas beaucoup de choix. Je tente l’expérience. On verra. Hasta la vista. Bye Bye. Terminator.

Je vais garder mon smartéléphone (qui n’est plus connecté au réseau 4G) uniquement pour le « Coffee Orgasm » du matin sur Instagram, pour une application de méditation et pour écouter des podcasts. Toutes les autres applications ont disparu. Je commençais à ressentir une sorte de saturation en étant constamment connecté sur Slack, Facebook Messenger, iMessages, je reçois des dizaines d’emails par jour, et puis il y avait encore des messages sur Instagram, WhatsApp, Twitter, Snapchat. Et même si j’avais désactivé les notifications depuis plusieurs mois, il me suffisait d’une seconde pour aller ouvrir ces applications, les unes après les autres, juste pour voir. Je n’étais plus jamais vraiment en train de ne pas travailler.

C’est un peu ça le problème, c’est qu’on est partout mais qu’au final on n’est plus vraiment là.

Et j’avais envie d’être là.

Ça ne veut pas dire que j’arrête internet définitivement. Ça veut juste dire que mes moments en ligne seront réfléchis et pas des réflexes ou des TOC. D’ailleurs Louis Dubourg en parle à un moment avec Jean-Philippe de Tinguy dans le dernier épisode de son podcast (chouette émission, plutôt orientée stand-up et comédie) Un café au Lot7. Le réflexe obsessionnel de constamment vérifier son fil Facebook, c’est fou. Voilà le lien si ça te dit, c’est l’épisode 22.
Alors je change de téléphone, et quitte à switcher, je voulais switcher en beauté. Je le scrutais depuis l’été dernier, voilà, mon téléphone « non intelligent » ou « imbécile téléphone » ce sera le 
Punkt MP01.
Premier jour aujourd’hui depuis plus de 10 ans où je vais marcher dans la rue sans être connecté à internet.
Ah oui, et maintenant Sébastien court des marathons. Entre Bruxelles et New York.

Merci d’avoir lu, et si toi aussi tu t’envisages une digital detox de l’internet de trottoirs, fais-moi signe, on boira des cafés.
Bises xxx
Damien

Des petites cerises sur des petits gâteaux. (c’est le nom de la rubrique à la fin où je balance des trucs cools que j’ai vu passer ou des choses à nous, en cours.)

  • Je vais commencer une nouvelle série de podcasts sur le Nonline. Mais tu seras au courant, t’inquiète. Et comme je dis plus haut, si tu veux venir me parler de ton expérience à toi, hit reply.
  • Le dernier épisode de mon podcast Avec des images dans lequel je reçois Céline Gillain, est ici.
  • Mateusz à lui aussi expérimenté une détox, mais plutôt alimentaire.
  • Le FIG 2 (Festival International de Graphisme de Liège) était une réussite absolue et on va commencer à poster des comptes rendu photo et video. Va faire des j’aime sur Facebook ou Instagram ou Twitter.

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Avec des images Podcast

Podcast. Avec Des Images #11 – Céline Gillain

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Ça faisait un bail que je n’avais plus croisé Céline Gillain. J’avais perdu de vue son travail plastique, ne trainant plus autant dans les vernissages et les performances à Bruxelles que lorsque j’y habitait il y a encore quelques années. Par contre j’ai suivi sa transition vers la musique et j’en ai profité pour l’inviter dans cet épisode du podcast avec des images. On y parle du monde de l’art, de performance, de musique pop et de science fiction. Et puis d’eau. Et comment elle peut cristalliser un moment ou une idée.

C’est aussi durant cet enregistrement, le 22 janvier 2108, que Céline me fait découvrir Ulrica Le Guin, autrice culte de roman de science-fiction. Nous n’en savions rien mais c’est aussi ce jour là que Ursula Le Guin s’en ira.

Points de repères
02:38 —> Son parcours
05:00 —> Le droit de pouvoir faire ce on veut, même après plusieurs années d’une « première vie ».
07:34 —> La découverte de la pratique performative.
08:47 —> Son cours / séminaire de « Sociologie de l’art » à La Cambre.
11:42 —> Celine nous présente sa musique et son propre morceau « Youth & Beauty ». Il n’est pas sur Spotify alors voilà la version YouToube et comme elle l’explique, elle a aussi réalisé le clip, qu’elle a fabriqué à partir de found footage de Cara Delevingne.
17:04 —> Voilà l’image de couverture de son 45T / 7inch
18:10 —> Ekphrasis: Image 1 (on parle de Laurie Anderson)
20:17 —> La video de Laurie Anderson « Home of the brave » (1986)
25:20 —> Ekphrasis: Image 2, on parle d’un roman de science-fiction de Ursula Le Guin, The Left Hand of Darkness, c’est « la plus belle chose qui ait jamais été écrite ».
Céline nous parle de deux couvertures. Voilà la couverture première. Voilà la seconde.
27:57 —> On a doucement glissé vers le féminisme et discuté de la différence entre les mots « auteure » et « autrice » et voilà l’article dont on parle, qui défend l’utilisation du mot « autrice ».
34:54 —> Son emission « Relief » sur The Word Radio.
37:50 —> Comment elle fonctionne pour s’organiser dans son travail

Des liens toujours utiles:
Sa chaine YouTube
Sa chaine Vimeo
Son Soundcloud
• The After Lucy Experiment
• Le Festival « Elles tournent » que c’est trop tard, c’était fin janvier
• On a brièvement évoqué le tout premier épisode de ce podcast où je recevais une autre artiste qui mélange musique et performance: Mathilde Fernandez.
Céline sera en live le 24 février 2018 à Anvers pour une performance SPEK
• J’en profite aussi pour remercier The Word Radio de nous avoir prêté leur studio pour enregistrer cette émission.
• Et puis Radio Rectangle, qui supporte l’émission depuis le début.

La playlist Spotify avec des morceaux dont on parle durant les émissions.

Si l’épisode t’a plu, n’hésite pas à me laisser un mot sur Twitter ou sur la page Facebook de L’EADI sur ma page Damien AA.

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