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Edition Process

Sophie, Tulipe, Sarah et Céline

Toujours remettre en question son travail, c’est comme ça que ça marche. Toujours, tout le temps. Et parfois c’est usant. Et parfois on a fait le tour. Et parfois on s’emmerde.

D’une part, il y a tout le temps cette envie de créer de nouvelles choses, pour ne pas s’ennuyer nous-même, ou lasser les personnes qui nous qui nous suivent, nous font confiance et soutiennent notre travail.

D’autre part, pour cristalliser ces idées et tous ces trucs qu’on fait, il faut s’installer une routine. Un rituel. Dans le même cadre. Parce que les idées elles ne viennent pas toutes seules, elles viennent quand on leur prépare le terrain, en faisant tous les jours la même chose. Dans le même atelier ou le même bureau. Quand on boit le même café ou qu’on écrit dans le même carnet. Tous les jours, sans s’ennuyer.

Sophie Guerrive — autrice et illustratrice de la fantastique bande dessinée racontant les histoires simples et pleines d’amour de l’ours Tulipe et de ses amis — faisait part d’une réflexion à ce sujet ce matin-même. Et accompagnait son post d’un petit strip sur le sujet.

Pour vous faire une confidence, j’avais décidé que Tulipe et les Sorciers serait le dernier tome de la série. J’avais peur de me répéter, et je voulais tenter d’hasardeuses aventures plus intello et prestigieuses, le genre qui décroche de grosses bourses au CNL.
Mais j’ai reçu de votre part, ici et là, tellement de messages de remerciement et d’encouragement que j’ai changé d’avis… Depuis quelques jours, je reprends doucement la série, toujours avec le même plaisir.
Merci 💙💚💛

Sophie Guerrive sur son mur Facebook

C’est vraiment pas un hasard si justement hier je suis retombé sur l’édito que nous avions écrit à quatre main (ou deux mains, si on écrit au stylo) avec la photographe belge Sarah Eechaut, en 2014, dans le livre « The First Time Forever » publié à L’Amicale Books. Ce travail collaboratif, sous forme de livre + poster + exposition, traitait du même sujet, de tous ces matins qui doivent être les mêmes (pour la routine), mais qui doivent être tous différents (pour ne pas s’ennuyer), nous donner l’impression d’être une première fois, tous les jours, pour toujours. The first time, forever.

Ce travail était basé sur le Conditional Design Manifesto, qui dans les grandes lignes, dit que « le process est aussi important que le produit lui-même ».

As a photographer, designer or musician, we do the same things everyday. The way we see, do or think is our own. That’s what makes us who we are. But on the other hand, in our practice, we also need to constantly do things differently. Experiment. Evolve. It’s a kind of paradox. We do the same things every day but we also do them differently every day. Like a quest for something being new every time you do it. Waking up in the morning doing the same thing differently. Doing it for the first time, forever.

Conversation with Sarah Eechaut.

Et comme le hasard n’existe définitivement pas, aujourd’hui durant le déjeuner, on se demandait avec Céline comment un.e boulang.er.ère pouvait survivre en vendant uniquement de petites choses pour de petites sommes. On a conclu que le métier de la boulangerie était un métier dur, mais un beau métier. Et qu’il en faut. Ça n’a pas grand chose à voir avec tout ce que j’ai raconté plus haut, à l’exception que cette discussion avec Céline est arrivée au moment même où j’ai vu apparaître le dessin de Sophie, qui se termine par de la boulangerie, sur mon mur Facebook.

Et pour finir, comme tu es un peu attenti.f.ve, tu auras remarqué qu’on relance notre petite maison d’édition L’Amicale Books et le prochain objet publié sera la nouvelle édition du Monthly Planner qui avaient fait un carton en 2015. Une grille pour te faire ton agenda toi-même, imprimée par dessus le reste des livres de Nina Cosco et Géraldine Thiriart, imprimés chez nous il y a deux ans. Tu peux te le procurer ici, ou tu le reçois gratuitement si tu es un.e Patreon. Livraison prévue pour le 8 janvier 2020.

Dis-moi si tu aimes le pain ou les tulipes. Et voilà à quoi le Monthly Planner ressemblera.

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Edition

Ding Dong Paper, S01. Bilan.

Même si la Saison Un s’est plutôt bien passée (on n’a pas de perte et on a même un léger bénéfice), ça ne payera pas, comme nous l’avions souhaité, la production de la Saison Deux. On envisage donc de changer la politique de prix de Ding Dong Paper.

En gros, on a besoin de 5000€ pour produire une saison et ça sert juste à payer les 12 artistes et imprimer leurs 12 illustrations en 150 exemplaires. Ça ne comprends pas un salaire éventuel, même symbolique, que l’on pourrait se dégager avec François, mon associé dans cette histoire.

Une discussion avec Olivier Mallue (sur plein de sujets mais aussi à propos de Ding Dong Paper) m’a un peu fait réfléchir à notre entreprise sur le moyen et long terme. Et la conclusion est super simple:

OK, c’est cool de ne pas être « trop trop chers » mais au final, si on n’arrive pas à stabiliser le truc, à payer au moins la saison suivante et à se prendre une petite dringuelle pour s’acheter une bière ou deux, on va s’essouffler et on ne dépassera probablement pas la Saison Trois.

Et ça serait vachement dommage parce qu’on croit vraiment en ce projet.

Si on reprend un peu les bases qu’on avait jeté avec François au début du projet, en août 2014, nos intentions étaient (et sont toujours):

  • Proposer à un large public autre chose que les images du Brooklyn Bridge vendues chez IKEA et tirées à plusieurs milliards d’exemplaires.
  • Vendre les images, numérotées et signées par les artistes, à un prix abordable.
  • Faire connaître des artistes, qui sont probablement connus dans les sphères du design ou de l’illustration, mais peut être moins ailleurs.
  • Favoriser l’abonnement. Donc acheter les 12 d’un coup! Moins cher! Douze d’un coup! Moins cher!
  • Avec en bonus la possibilité, parmi ces 12, d’offrir des images à sa meilleure amie ou à Papy pour la Noël.

Pour l’instant, une image Ding Dong Paper coûte 25€ + FDP (ça veux dire Frais De Port). On envisage donc d’augmenter le prix à l’unité, garder un prix super alléchant pour la formule en abonnement et offrir les frais de port pour tout achat. Je reviendrai sur les « nouveaux tarifs » dans un prochain post, là on fignole, on écrit, on boit des cafés, on discute et on fait des tableaux Excel pour définir les nouveaux prix.

Voilà, c’est le début de notre réflexion, n’hésite pas à déjà me dire sur Twitter, Shapchap ou ailleurs autour d’un café, si ça te dit d’acheter un abonnement complet ou si tu préfères en acheter seulement quelques-uns par-ci par-là à un tarif plus élevé. Sinon, tu peux aussi suivre DDP sur Twitter ou Instagram et nous le dire là bas.

Photo © Charles Loyer. Extrait de étapes.