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Ecrire Note Process

Faire quelque chose tous les jours

Ce n’est pas par hasard si ce matin (si tant est que le hasard existe mais en vrai il n’existe pas — et puis, « si tant est », c’est une expression que je n’ai jamais utilisé de ma vie, sauf dans l’article d’hier), je retombe sur cette première tentative de quotidienneté démarrée lors d’une période de nouvelle année / bonnes résolutions en 2012.

J’étais encore très fort designer graphique à cette période et j’avais décidé de faire quelque chose tous les jours. Make Something Cool Every Day, c’était le nom du projet. Ça n’a pas vraiment duré longtemps mais j’avais déjà cette envie de tenter « la routine » pour m’améliorer dans un truc. Et là, en l’occurence, je voulais devenir meilleur pour « faire marcher mon cerveau et avoir des idées ».

Ça a commencé avec cette affiche piano à arracher et jour après jour je postais les résultats sur le Tumblr de PLMD (pleaseletmedesign) avec le tag MSCED. Les vestiges de l’expérience sont encore visibles et les résultats sont, en plus d’être archivées sur internet, gravés dans ma mémoire — celle que je n’ai pas.

Ces idées que je me « forçais » à avoir quotidiennement n’étaient pas toutes bonnes ni abouties, mais au moins elles ont pu exister et voir le jour parce que je bloquais quelques instants dans ma journée de l’époque pour faire autre chose que « du travail client ».

Parmi ces dessins, celui de Mickey Mouse qui porte son pantalon sur sa tête (et qui s’appelle forcément « Pants on head ») a même failli être publié en couverture d’un Etapes: mais le risque de voir débarquer les avocats de Disney était trop grand et la rédactrice en chef a décidé de ne pas le prendre.

Au-delà de faire le malin avec cette histoire de couverture, je continue à penser que faire des choses sans autre but que de les faire l’utilité de l’inutile, on y reviendra — ça peut permettre de faire émerger de nouveaux projets intéressants.

L’article d’hier, qui est apparu simplement parce que je rangeais des lignes sous un titre parlais déjà de ça: pour s’améliorer dans une discipline, essayons de nous poser à nos bureaux, ateliers, studios, tous les jours à la même heure, faisons, et voyons ce qui arrive.

Je vais continuer à tricoter autour de cette idée de et puis peut-être que j’aurais droit à une autre couverture, qui me tiendra chaud cet hiver.

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Ecrire Note Process

Ranger les lignes

Je n’ai pas encore réussi à rentrer le moment « écrire l’article du jour » dans la routine de mes journées. J’ai les Morning Pages, déclenchées par la préparation du café filtre du matin, j’ai le post quotidien sur Chair Journal, déclenché par je sais pas quoi, mais sans doute parce que j’y pense tous le temps, donc je le fais, et puis j’ai encore 2-3 trucs divers que je que je fais tous les jours. Mais l’écriture de l’article du jour, c’est pas encore fluide. Ça va venir.

Je cherche à faire rentrer ça dans une routine pour ne plus y penser. Ou plutôt, y penser constamment sans y penser, pour que ça devienne un réflexe de saisir les choses qui m’ont éveillé la veille et les synthétiser en quelques lignes dans le post du lendemain.

Pour ça, et pour s’améliorer dans une discipline, essayons de nous poser à nos bureaux, ateliers, studios, tous les jours à la même heure, faisons, et voyons ce qui arrive.

Et me poser à mon bureau, c’est ce que je n’ai pas du tout eu le temps de faire aujourd’hui — parce que le vendredi c’est ravioli — si tant est que « ravioli » veuille dire « le bordel dans l’agenda ». Et donc, toute la journée, j’ai dû faire plein de truc de ravioli mais à 18:00 je n’avais toujours rien à dire ni écrire. Finalement je prends le temps de me poser à mon bureau, sans savoir ce que je voulais écrire.

J’ai ouvert mon carnet et la dernière note était issue d’un message de message de Maureen suite à cet article et au dessin qui l’illustre. « On dirait que les lignes du carnet sont rangée sur la page d’en face ».

Ranger les lignes.

C’est à ça que me servent les carnets. Ranger des lignes pour ensuite les déposer ici.

J’ai pris mon Pentel Sign Pen, un de mes outils préférés pour faire des lignes, j’ai fait des lignes et je les ai rangées sous le titre — d’ailleurs, avec Maureen et Benjamin, on parle de ce marqueur dans l’épisode de 3 de Amour Papier, notre podcast qui parle de notre amour du papier et de la papeterie.

Et pendant que je dessinais ces lignes droites, les lignes de ce post s’écrivaient dans ma tête. Alors je les dépose ici.

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Ecrire Note Process

Mémoire vide

Poster tous les jours mais essayer de ne pas raconter les mêmes histoires. C’est ça l’idée, mais j’ai quand même l’impression que c’est ce qui va se passer pendant un temps, puisque je suis encore dans l’expérimentation de cette nouvelle quotidienneté et que, ce qui m’anime surtout dans ce que j’écris ces jours-ci, c’est l’écriture.

Par contre, écrire tous les jours et risquer de raconter les mêmes choses, ça permet de trouver des pattern, des motifs, des répétitions, dans ce qui nous trotte dans la tête. Et ce matin, je me suis rendu compte qu’un sujet dont je parle très souvent, c’est la mémoire. Et surtout celle que je n’ai pas.

Déjà dans dans l’article d’hier, ensuite dans un petit article que j’ai écrit pour le nouveau magazine Sirop (que je posterai ici bientôt), sinon je tombe régulièrement sur la phrase « Je n’ai pas de mémoire » en rouvrant des Morning Pages au hasard, et puis j’ai un petit projet de tatouage / jeu de mot avec « mémoire » depuis un moment — heureusement que je l’ai noté dans un carnet.

Je posterai bientôt l’article du Sirop.

J’ai même un jour acheté le roman d’un auteur italien que je ne connaissais pas simplement parce qu’il s’intitulait « Mémoire du vide ». En le consultant ce matin après avoir écrit avec mon café (enfin, j’ai écrit avec mon stylo, mais je buvais du café pendant l’acte) j’ai retrouvé un marque page à l’intérieur. C’était la carte de l’école maternelle de Léon, quand nous habitions encore à Bruxelles, ce qui me permet de dater avec la précision du carbone 14 (c’est à dire à 40 ans près) que cette histoire de mémoire me turlupine déjà depuis 2009 ou 2010.

Parmi les Morning Pages que j’ai consulté ce matin et qui parlaient de mémoire, j’ai retrouvé cette phrase, notée il y a quelque mois:

C’est triste d’attendre qu’elles s’effacent des mémoires pour vouloir se souvenir des belles choses.

Alors écrivons les belles choses et peut-être qu’un jour ira s’y réfugier.

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Ecrire Note Process

Parfois j’oublie d’écrire et ça me tue

Hier soir j’ai eu une idée de post pour aujourd’hui. Je me souviens simplement m’être dit Ça serait trop cool d’écrire là dessus mais j’ai eu la flemme de me lever et de prendre mon carnet pour la noter.

Donc je l’ai oubliée parce que — c’est un fait avéré — je n’ai aucune mémoire.

C’est vraiment dommage parce je suis carrément le gars qui répète à l’envi aux copaines de tout noter, tout le temps, parce que la tête elle est faite pour inventer des idées et pas pour les stocker. Donc il faut faire de la place et tout sortir.

À l’inverse, j’ai un vague souvenir, qui doit dater des débuts de notre studio de design graphique PLMD (pleaseletmedesign) vers 2005 — j’ai une très mauvaise mémoire — quand on partageait un bureau avec le photographe Grégory Derkenne, avoir été étonné qu’il ne sorte jamais de carnets ni ne prenne aucune note quand on se retrouvait autour de nos nombreux café pour discuter de tout, de projets, de rien.

Il m’a répondu un truc du genre — de mémoire — « Si j’ai une idée, elle est là (il me montre sa tête) et si elle est bonne elle restera ».

J’imagine que chacun a la mémoire qu’il mérite et fonctionne à sa manière. D’ailleurs, là, je cherchais une chute à ce post mais je ne la trouvais pas, alors elle est arrivée par la radio, quand Sandrine Colette, l’invitée du matin dans Boomerang de Augustin Trapenard sur France Inter, dit:

Les mots c’est ce qui nous sauve

Sandrine Colette

Alors je prends ça comme une aubaine et je remixe.

Écrire c’est ce qui tue l’oubli.

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Ecrire Process

C’est en faisant des trucs qu’on fait des trucs

L’appartement dans lequel on a fait notre workshop

On a commencé à se voir durant l’été avec Degré Premier, parce qu’on avait envie d’écrire des choses (drôles, si possible, mais ça reste à voir) et puis Maureen nous a rejoint en octobre. On a un projet en cours, qui porte le doux nom de code de RDM, mais les sessions n’étaient pas régulières et on passait surtout notre temps à parler, prendre quelques notes, mais pas vraiment « écrire ».

Et puis hier on a relancé une session, une sorte de workshop, sur deux jours.

On a commencé comme d’habitude, surtout parler durant les deux ou ou trois premières heures, brainstormer, remettre en question l’idée de RDM, douter et donc en pitcher d’autres.

C’est compliqué l’écriture à plusieurs quand on ne l’a jamais fait. On se tourne autour, on s’observe sans forcément prendre des notes, on est encore timide dans ce qu’on propose aux autres, même si on se connait toustes très bien, et ça ne fonctionnait pas vraiment. C’était pas foufou. Comme pour toutes les premières fois finalement.

Ce n’est que quand on s’est dit Allez, maintenant on y va, on se sort les carnets du sac, on s’invente des exercices, on écrit « physiquement » durant 5 minutes sur un sujet et puis on on se lit des trucs. Et on a refait ça plusieurs fois, sur plusieurs sujets, tout est à jeter, mais c’est à ce moment-là que ça a réellement démarré.

Je le savais pourtant, que ce n’était que comme ça que ça pouvait marcher, pour avoir des idées et de la matière. Mais il a fallu un peu de temps pour que ça s’enclenche.

Il n’y a pas de secret, c’est en faisant qu’on fait. J’avais déjà parlé d’un truc comme ça dans cette petite lettre numéro 26:

« C’est en faisant qu’on fait des trucs ».
Je viens de relire cette phrase. Ça ne veut rien dire. Mais je la laisse quand même parce que c’est un début. C’est le moment où on remet la machine en marche. C’est une nouvelle première fois. Et c’est toujours nul la première fois. Et il y en aura d’autres, des nouvelles premières fois.

Matérialiser ses idées sur du papier, dans un carnet, sous forme de mots ou de dessins, c’est l’unique manière de les faire exister, sinon elles restent floues, dans cet espèce de magma cotonneux qui flotte au milieu d’un cerveau qui doit déjà gérer pas mal de chaos, et je ne pensais pas que j’arriverai à finir cette phrase en la rendant compréhensible, mais l’est-elle vvraiment?

Quoi qu’il en soit, on est revenu sur le projet RDM et ça nous a permis de décoincer des choses. On aime toujours l’idée, on continue à écrire les séquences, on se refait une session dans les prochains jours et on se réjouit de passer à la phase de production pour sortir ça.

Donc allez-y, sortez-vous les carnets du sac, inventez-vous des exercices, mais surtout écrivez physiquement et publiez des trucs.

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Ecrire Note Process

Plus important que d’avoir plein de temps

Hier j’ai posté ici avec le petit espoir de pouvoir le faire tous les jours. Juste un peu. Juste quelques mots, un peu, en petit, plutôt que de me sentir coincé par devoir poster fort ou beaucoup.

Alors effectivement le premier truc qui me vient c’est comment poster ici tous les jours alors que tu n’arrives même pas à envoyer ta petite lettre hebdomadaire toutes les deux semaines? Je n’ai pas la réponse mais c’est peut-être un début de solution. Peut-être que quelques mots tous les jours, ça fait une petite lettre toutes les semaines.

Depuis que ce blog existe ça a toujours été le projet. Publier quotidiennement, même petit. Je crois que c’était il y a 5 ou 6 ans en découvrant le site de Seth Godin, qui publie un article tous les jours, petit ou grand, que cette envie est née.

J’ai écrit quelques fois par-ci par-là, mais c’était à côté d’autres choses.

The work you do while you procrastinate is probably the work you should be doing for the rest of your life.

Jessica Hische

Très connue sur Pinterest cette citation.

Alors je ne pense pas que je vais arrêter tout le reste mais je voudrais que cet à côté fasse vraiment partie de ce que je fais au quotidien, que ce soit dans la musique, le dessin, le graphisme, le podcast ou je ne sais pas quoi d’autre.

C’est aussi ce que Juliette — Je ne sais pas choisir — Becquart a fait quand, après plus de 5 ans en entreprise, elle a quitté le confort d’un CDI pour se lancer en freelance. Elle est aujourd’hui photographe pour différentes marques et agences et prend le temps de s’occuper de sa famille, ses plantes, ses photos et son blog (qui existe depuis 2007).

Establishing and keeping a routine can be even more important than having a lot of time.

Austin Kleon

Faire de l’écriture une routine, c’est déjà le cas avec les Morning Pages mais « écrire et publier », ce n’est pas encore le cas et c’est un processus que je veux mettre en place dès maintenant. Si en plus ça me permet de faciliter la publication de la petite lettre c’est gagnant-gagnant. Je vais en faire une expérimentation, poster quotidiennement pendant au moins 21 jours (chiffre choisi au hasard) et puis je verrai où ça nous mène.

On se cherche tous, toujours, tout le temps, partout, et il n’est jamais trop tard pour se trouver.

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Note Process

Ecrire c’est vivre deux fois

Ce matin j’ai posté cette photo d’une partie de mes carnets de 2020 et Yannick Schutz est venu taper sur l’épaule de mes messages privés sur Instagram pour savoir ce qu’il y avait dedans. Ce ne sont pas des Morning Pages (je n’ai toujours pas écrit ce petit article que j’avais promis il y a quelques mois — mais ça arrive), ce sont plutôt des carnets de travail, qui contiennent des notes, des collages, une serviette, une idée, un autocollant, beaucoup de dates tamponnées, des dessins sans regarder ou des dessins de projets futurs.

J’en avais partagé un extrait il y a quelques mois.

Il m’a ensuite montré deux images de ses carnets à lui et en lisant les quelques mots qui étaient visibles, des notes sur un modèle de film argentique pour son appareil photo et des mots sur l’océan, j’avais l’impression de vivre le même moment que lui quand il les avait écrits. Avec le recul c’est effectivement ce qu’il se passe constamment quand on lit les mots des autres, on revit leurs moments, donc rien de nouveau sous le soleil, mais c’est la première fois que je me suis dit:

Ah mais écrire, c’est vivre deux fois.

Ma première réaction à la sortie de cette phrase c’était de me dire Waouw quel génie de sortir ça comme ça, spontanément. Mais j’ai vite remis mes pieds sur la terre ferme et l’effet de surprise n’a duré qu’un temps. Il faut toujours vérifier ses coups de génie sur Google, c’est plus prudent, parce que c’est sûr et certain qu’une phrase aussi évidente, voire pompeuse, a probablement déjà été écrite. Et effectivement.

Créer c’est vivre deux fois

Albert Camus

Pour aller plus loin, comme disent les livres, voilà une petite explication des mots d’Albert.

Sinon, merci Yannick pour la discussion de ce matin et les images de tes carnets qui m’ont inspiré ce post, qui fait partie d’une série de un seul article, intitulée #noteback, dans laquelle je partagerai régulièrement l’intérieur de mes carnets.

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Note Process

Premier journal. Nouveau journal.

Le nouveau et l’ancien journal.

Depuis le 21 novembre 2019, j’ai tenté de prendre une nouvelle habitude. Tout noter et tout écrire — enfin, le plus possible — tous les jours. Quelques extraits ont trainé sur Instagram ou dans ce précédent article et j’ai réussi à garder le rythme, de faire un peu, parfois beaucoup, mais tous les jours.

C’était aussi l’occasion de tester un nouveau modèle de carnets, le Zequenz, qui a un format intermédiaire, que je n’ai pas pu retrouver chez Moleskine ou Leuchtturm1917, tant dans la taille (plus ou moins 18cm x 12cm) que dans le nombre de pages (280).

La dernière entrée date du 9 février 2020, ça équivaut à 80 jours. Et 80 jours c’est une bonne durée pour faire le tour d’un carnet comme pour faire le tour du monde selon Jules Vernes. Deux mois et 18 jours pour remplir 280 pages de collages, de petits textes, de comptes rendus, de mes journées, de petits poèmes mais surtouts beaucoup de dessins de tasse de café, voire même une tentative de dessin avec du café.

J’ajoute le tag #noteback ici en dessous et je posterai sans doute plus régulièrement des extraits de cette nouvelle pratique, que je mets en place surtout pour me souvenir de choses, parce que finalement c’est vraiment ça l’enjeu, la mémoire (et le tour du monde).

Voilà quelques extraits du carnet que je viens de finir. Le nouveau est déjà bien entamé.

T’as remarqué que #noteback c’est un jeu de mot avec Notebook et Back, comme si on était en train de looking back dans les notebooks?

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Edition Process

Sophie, Tulipe, Sarah et Céline

Toujours remettre en question son travail, c’est comme ça que ça marche. Toujours, tout le temps. Et parfois c’est usant. Et parfois on a fait le tour. Et parfois on s’emmerde.

D’une part, il y a tout le temps cette envie de créer de nouvelles choses, pour ne pas s’ennuyer nous-même, ou lasser les personnes qui nous qui nous suivent, nous font confiance et soutiennent notre travail.

D’autre part, pour cristalliser ces idées et tous ces trucs qu’on fait, il faut s’installer une routine. Un rituel. Dans le même cadre. Parce que les idées elles ne viennent pas toutes seules, elles viennent quand on leur prépare le terrain, en faisant tous les jours la même chose. Dans le même atelier ou le même bureau. Quand on boit le même café ou qu’on écrit dans le même carnet. Tous les jours, sans s’ennuyer.

Sophie Guerrive — autrice et illustratrice de la fantastique bande dessinée racontant les histoires simples et pleines d’amour de l’ours Tulipe et de ses amis — faisait part d’une réflexion à ce sujet ce matin-même. Et accompagnait son post d’un petit strip sur le sujet.

Pour vous faire une confidence, j’avais décidé que Tulipe et les Sorciers serait le dernier tome de la série. J’avais peur de me répéter, et je voulais tenter d’hasardeuses aventures plus intello et prestigieuses, le genre qui décroche de grosses bourses au CNL.
Mais j’ai reçu de votre part, ici et là, tellement de messages de remerciement et d’encouragement que j’ai changé d’avis… Depuis quelques jours, je reprends doucement la série, toujours avec le même plaisir.
Merci 💙💚💛

Sophie Guerrive sur son mur Facebook

C’est vraiment pas un hasard si justement hier je suis retombé sur l’édito que nous avions écrit à quatre main (ou deux mains, si on écrit au stylo) avec la photographe belge Sarah Eechaut, en 2014, dans le livre « The First Time Forever » publié à L’Amicale Books. Ce travail collaboratif, sous forme de livre + poster + exposition, traitait du même sujet, de tous ces matins qui doivent être les mêmes (pour la routine), mais qui doivent être tous différents (pour ne pas s’ennuyer), nous donner l’impression d’être une première fois, tous les jours, pour toujours. The first time, forever.

Ce travail était basé sur le Conditional Design Manifesto, qui dans les grandes lignes, dit que « le process est aussi important que le produit lui-même ».

As a photographer, designer or musician, we do the same things everyday. The way we see, do or think is our own. That’s what makes us who we are. But on the other hand, in our practice, we also need to constantly do things differently. Experiment. Evolve. It’s a kind of paradox. We do the same things every day but we also do them differently every day. Like a quest for something being new every time you do it. Waking up in the morning doing the same thing differently. Doing it for the first time, forever.

Conversation with Sarah Eechaut.

Et comme le hasard n’existe définitivement pas, aujourd’hui durant le déjeuner, on se demandait avec Céline comment un.e boulang.er.ère pouvait survivre en vendant uniquement de petites choses pour de petites sommes. On a conclu que le métier de la boulangerie était un métier dur, mais un beau métier. Et qu’il en faut. Ça n’a pas grand chose à voir avec tout ce que j’ai raconté plus haut, à l’exception que cette discussion avec Céline est arrivée au moment même où j’ai vu apparaître le dessin de Sophie, qui se termine par de la boulangerie, sur mon mur Facebook.

Et pour finir, comme tu es un peu attenti.f.ve, tu auras remarqué qu’on relance notre petite maison d’édition L’Amicale Books et le prochain objet publié sera la nouvelle édition du Monthly Planner qui avaient fait un carton en 2015. Une grille pour te faire ton agenda toi-même, imprimée par dessus le reste des livres de Nina Cosco et Géraldine Thiriart, imprimés chez nous il y a deux ans. Tu peux te le procurer ici, ou tu le reçois gratuitement si tu es un.e Patreon. Livraison prévue pour le 8 janvier 2020.

Dis-moi si tu aimes le pain ou les tulipes. Et voilà à quoi le Monthly Planner ressemblera.

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Luik Music Photo Process

Bothlane. Hornet.

Le truc cool quand tu fais tout le temps des photos de trucs qui paraissent sans intérêt, comme ce marquage au sol qui ressemble à tous les marquages au sol du monde, c’est que ça permet d’avoir une grosse citerne remplie d’image et de aller puiser dedans quand t’as besoin d’une idée.

Bothlane Hornet Modular Synth Cover Artwork

Bon, après, raison gardons, elle n’est pas non plus complètement folle cette photo. C’est juste une photo d’une flèche jaune dans un parking (on tournait en Espagne avec It It Anita, fin 2018, avec Shht). Mais prendre la peine et le temps et l’argent de faire ces photos sans intérêt en argentique avec un petit appareil compact — un Olympus Mju-II et de la pellicule Kodak Portra 400 — ça leur donne un cachet, un texture, un grain, une déformation, qui peut-être un jour leur donneront un intérêt.

Et puis un jour Alain, le batteur de The Brums (Luik Music — album bientôt) nous demande si on a pas une idée pour la cover du premier single digital de son projet solo, Bothlane (drums + modular synth, à lui tout seul), je fouille vite fait dans mon dossier Photo / Brutes et cette photo, avec laquelle je ne pensais jamais rien faire, se révèle être en parfaite adéquation avec le projet et le morceau.

Les liens que j’ai trouvé marrant entre le son et l’image, des petites choses sans importance, c’est notamment les deux directions indiquées par la flèche, les deux chemins, both lanes (bon ok, il y en a trois). Et puis il y a aussi le caractère jaune et rayé et piquant, qui rappelle le frelon, hornet. Je ne vais pas parler de l’aspect vaisseau de l’espace qui était la raison pour laquelle j’ai pris cette photo au départ, mais ça peut coller aussi, à l’écoute du morceau.

Une petite cerise sur ton gâteau. N’hésite pas à te trimballer non-stop avec un carnet, petit, grand, large, ligné, pas ligné, et note tout, tout le temps, fais des dessins ou écris des phrases avec des mots ou fais des photos avec ton téléphone ou un n’importe quoi, pour ne pas oublier des choses.
Peut-être un jour ça te débloquera une idée. Ou simplement la veille de ta mort tu te souviendras en retrouvant ton carnet qu’un chien déguisé en chef de gare t’avait fait trop marrer!

Pour en revenir à Bothlane, tu pourras te faire ta propre idée et l’écouter dès ce dimanche. Le clip est vraiment super et sans vouloir spoiler, juste un peu teaser, je dirai juste deux mots: danse contemporaine.
Avant ça, tu peux déjà pré-sauvegarder « Hornet » dans ta bibliothèque musicale préférée en suivant ce lien: https://ffm.to/hornet
Et pour les Patrons, le clip est déjà visible en exclu. Si tu veux soutenir tout ce qu’on fait avec Luik Music et le podcast Amour, Gloire & Chips, et voir le clip, voilà le Patreon de l’amour: http://bit.ly/MERCIMERCI

Parle-moi sur Twitter ou Instagram pour me dire si tu vois d’autres choses dans cette image.